La céramique chinoise sous la dynastie Qing (1644-1911)

29 août
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Trois empereurs principaux marquent cette période:

Kangxi

 

 

Kangxi - 1661 – 1722 : l’exact contemporain de Louis XIV (portrait ci-contre)
Yongzheng – 1723 – 1735 : rôle important pour l’histoire des arts et de la culture ; il multiplie les grandes encyclopédies, et souhaite faire un inventaire du savoir.

 

 Qianlong  - 1736 – 1796 : Collectionneur acharné, il est aussi l’homme de la grande expansion chinoise ; il étend le commerce (notamment commerce de thé) et refuse les propositions de Lord Macartney (liées au commerce et à des accords diplomatiques). (Véritable sinophilie au XVIII°S)

 

A la fin des Ming, les ateliers impériaux avaient été abandonnés ; ils vont être rétablis par les empereurs Qing qui mettent en place un  système de contrôle et de nouvelle gestion des fours. Ils développent un nouveau mécénat actif, en plus de l’exportation, le marché intérieur est très important ; une grande partie de ces pièces sont produites pour la cour.

 

La production des Qing peut se découper en plusieurs périodes correspondant à des évolutions stylistiques.

Les qinghua

La production de qinghua (bleus et blanc) perdure, des exemples se trouvent au musée de Taipei :

La technique est la même.

 

Les émaux de petits feux:

Cette technique est très bien maîtrisée à l’époque Ming (cf. « couleurs contrastées », puis wucai).

 

Famille verte : période de transition  et règne de Kangxi : 1610-1722 environ

 

famille verte

Sous les Qing on classe les décors d’émaux en fonction de famille (=couleurs dominantes). La famille verte succède aux Wucai. Elle utilise une large palette de verts, du vert clair au vert très foncé qui dominent les autres émaux, le plus souvent le rouge, le jaune, l’aubergine, le bleu de cobalt sous couverte (jusqu’à f. 17 s.) et l’émail bleu (à partir d. 18 s.). L’émail bleu est LA grande invention: il peut être dessiné avec les autres, sur la couverte.
On a également une diversification des thèmes.

Plats au décor de fleurs et d’oiseaux, Guimet

On constate une certaine originalité : l’oiseau est vu d’en dessous. En plus de la palette des verts on a également une importante gamme de rouges-oranges. Pas d’émail bleu sur ces pièces.

 

famille rose

Famille rose

La nouveauté technique la plus marquante est l’emploi d’un émail rose combiné à un émail blanc à l’arsenic que l’on peut étaler au pinceau mais aussi « souffler » sur la surface, à partir du XVII°S ; on obtient ainsi des « couleurs soufflées », les fencai.

Les occidentaux appelleront ces pièces les « familles roses » (en chinois on dira « les couleurs étrangères », falangcai) par opposition à la période précédente, où les pièces importées étaient à dominante verte. Leur décor est fait d’une couverte siliceuse et d’oxydes métalliques dans lesquels on ajoute un précipité d’or, qui lui donne cette couleur carminée.

 

 

mille fleursVase « mille fleurs », porcelaine « famille rose », 48 cm règne de Qianlong

Le décor de ce vase « Mille Fleurs » juxtapose des centaines de chrysanthèmes, corolles, pivoines, lis, volubilis, roses, lotus, magnolias.

Les caractéristiques exactes de ces fleurs, mais aussi le volume marqué par des couleurs légèrement ombrées, sont rendus avec un sens aigu de l’observation, en une prouesse de combinaison d’émaux vifs produisant des jeux impressionnistes sans cesse renouvelés. L’effet final, pareil à un somptueux brocard, au même titre que le jade, le bronze ou la soie, traduit cette volonté, durant la période Qianlong, d’imiter différentes matières. Ces recherches techniques poussées nuisent néanmoins souvent à l’unité d’ensemble des pièces. De plus, l’épaule basse très renflée et le pied large de ce vase, reflètent les formes des céramiques du règne de cet empereur, qui peu à peu perdent de leur grâce.

Cette pièce constitue un véritable tour de force sur le plan technique, utilisant la palette de la Famille Rose caractérisée par un pigment dérivé du pourpre de Cassius, un chlorure d’or, mais aussi le jaune d’antimoniate de fer, le vert d’oxyde de cuivre, et l’orange résultant d’une utilisation à densité variable d’oxyde de fer. Ces pigments étaient mélangés dans un émail au plomb et silice qui nécessitait une seconde cuisson au « Feu de Moufle » aux environs de 800-850°c.

A la façon d’un ultime feu d’artifice, ce vase illustre l’exubérance de la dernière période inventive des potiers chinois.

 

De nombreux autres exemples de ces céramiques sont conservés dans les collections des musées chinois. Pour se rendre sur place les admirer, il faut accomplir plusieurs formalité dont l’obtention d’un visa Chine. Toutes les informations nécessaires à la préparation d’un voyage peuvent être trouvées sur le site de l’ambassade de Chine.

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